Qu’est-ce que La Nuit des sans-abri?

 

La Nuit des sans-abri est un événement de sensibilisation à la situation de pauvreté, de désaffiliation sociale et d’itinérance qui confronte de plus en plus de Québécois.

 

Depuis 1989, à chaque automne, des jeunes et des moins jeunes passent la nuit dans la rue, en signe de solidarité, et par souci de démontrer concrètement les conditions précaires, souvent intenables de plusieurs personnes, qui doivent s’y confronter au quotidien.

  

Depuis 1997, cet événement se tient simultanément, devant plusieurs Auberges du Cœur, et depuis 2000 devant plusieurs organismes œuvrant auprès des personnes itinérantes.   Tous ces organismes communautaires souvent appuyés par le réseau public organisent sur le seuil de leur ressource, dans un parc, un stationnement, une vigile d’une nuit, ponctuée d’animations de toutes sortes.

 

Ainsi, tous prennent la rue pour dénoncer la pauvreté des jeunes et moins jeunes et inviter la communauté à manifester sa solidarité envers les personnes sans-abri.

 

Nous souhaitons donc recréer ce moment unique de solidarité pour tous ceux et celles qui exigent une place plus équitable au sein de notre communauté.

 

Historique de la Nuit des sans-abri

 

Les fondateurs de l’événement

 

Les Auberges du Coeur du Québec est actuellement un regroupement de 30 ressources d’hébergement autonomes qui œuvrent, au quatre coins du Québec, contre la pauvreté, la solitude, et la détresse des jeunes de 12 à 29 ans. Elles accueillent, hébergent et accompagnent chaque année plusieurs milliers des jeunes qui se retrouvent à la rue, à Montréal, Québec, Rimouski, Hull ou Drummondville. Ces Auberges se sont bâties, une à une, dans leur communauté locale, depuis parfois plus de trente ans.  www.aubergesducoeur.com

 

 Lancé d’abord sous le nom de “La nuit des jeunes sans-abri'', cette vigile de solidarité se déroule pendant toute une nuit, dans le froid de l’automne, et vise à sensibiliser la population du Québec aux difficultés vécues par nombre de gens, des jeunes surtout, qui connaissent la précarité du travail, du revenu et de la participation sociale.

  

Cette vigile annuelle de douze heures réunit des citoyens de toutes conditions, des organismes locaux, des représentants politiques, des artistes et surtout des centaines de jeunes qui vivent cette situation et se regroupent pour agir ensemble.

 

Son format actuel

 

Entamée en 1989 comme un événement unique tenu au centre-ville de Montréal, cette fête de la solidarité s’est éclatée il y a maintenant douze ans, pour permettre de rejoindre les gens dans toutes les communautés locales.

 

C’est en 2001, que la Nuit des jeunes sans-abri est devenue la Nuit des sans-abri pour que l’événement soit encore plus rassembleur et inclusif.  Ainsi, Trois-Rivières qui tenait déjà une Nuit des sans-abri depuis 1993 ans durant le mois de novembre s’est joint au comité organisateur national.  Il fut décidé d’un commun accord que les prochaines Nuit des sans-abri auraient toujours lieu le 3e vendredi du mois d’octobre.

 

 La caractéristique commune, peut être la seule, à tous les lieux de cette activité d’automne consiste en un brasero (bidon dans lequel on fait brûler du bois) pour réchauffer pendant la majorité de l’événement. Une majorité de nuits donnent aussi aux participants de petits bout de tissus roulés représentant une couverture à accrocher sur leur vêtement et plusieurs accrochent des lettres que les Nuits s'écrivent entre elles.

 

 Pour le reste, on assiste à un déploiement de multiples formes d’événements de budgets et de durées divers, dont un peu moins d’une dizaine s’étirent sur 12 heures (de 18h00 le soir au lendemain 6h00am). La participation est aussi très variable : 1000 personnes à Québec, 750 à Sherbrooke, 250 à Saint-Jérôme et un eu plus de 80 à La Prairie pour sa 1ère édition. On y trouve un nombre impressionnant de bénévoles, qui représentent autour de 10% de l’ensemble des participants aux événements de la Nuit.

 

En 2012, on a connu un nombre grandissant d’activités et de concours d’abris de fortune, notamment à Québec, Sherbrooke et Drummondville. Aussi, dans cette dernière ville, on a réalisé une comédie musicale, alors qu’à Saint-Jérôme, on tenait une pièce de théâtre sur la dure réalité de l’exclusion. Autre fait marquant : de plus en plus de marches se tiennent pendant l’événement de la Nuit des sans-abri, comme cette année à Longueuil, Montréal, Sherbrooke et Joliette. À Montréal, une quarantaine d’étudiants d’une polyvalente de Ste-Julienne sont débarqués avec leurs professeurs pour passer une nuit dans la métropole sur le thème de l’itinérance et de l’exclusion sociale.

 

 C’est sous le thème de Personne n'est à l'abri que se tient dorénavant cet événement annuel de solidarité.    

 

 

Revendications 2013

 

Ma ville dans le cadre d’une Politique en itinérance

 

La 24e édition de la Nuit des sans-abri se tiendra environ deux semaines avant les élections municipales au Québec et deux mois avant l’adoption prévue d’une Politique nationale en matière d’itinérance. Ces deux événements d’envergure qui façonneront l’actualité doivent nous convier à réfléchir et à revendiquer ce qui nous apparaît nécessaire au niveau local pour lutter contre l’itinérance tout en ayant une vue d’ensemble de ce que représente le phénomène au Québec.

 

Une Politique globale en itinérance nécessite une vision globale de l’itinérance reposant sur un ensemble de droits bafoués (droit de cité, droit au logement, droit à un revenu décent, droit à la santé, droit à l’éducation et à un réseau d’aide et de solidarité) et doit faire l’objet d’une réelle priorisation par le gouvernement en place. Une Politique doit être comprise comme découlant de causes structurelles, et non simplement d’un ensemble de situations individuelles. En ce sens, l’itinérance relève d’une responsabilité collective, de toute la société. Une Politique implique aussi une meilleure harmonisation entre les actions des ministères et doit s’accompagner de mesures qui marqueraient les esprits, notamment en matière de logement et de revenu.

 

Au niveau local, chaque Nuit est appelée à identifier et demander haut et fort ce que serait une Politique en itinérance pour sa municipalité, pour sa région. En quoi consistent les attributs du phénomène ou encore les problématiques qui lui sont associées et face auxquelles ont devrait être appelé à intervenir plus spécifiquement ? Quel est le rôle de la future administration municipale à l’égard de l’itinérance dans la ville de chaque Nuit ? De quelle manière doit s’insinuer la solidarité et la citoyenneté en vue de réintégrer les plus exclus et combattre le cynisme d’autant plus ambiant dans le paysage politique municipal actuel, avec les multiples scandales et corruptions des derniers mois ? Enfin, en matière d’itinérance, pour quoi voterait-on le 3 novembre prochain ?